L’intervention du ministre de l’Intérieur sur la Sécurité Routière, part 1.

La lutte contre l’insécurité routière constitue une grande cause nationale. C’est une priorité majeure pour le Gouvernement qui agit avec détermination depuis 2002 pour renforcer la sécurité de nos concitoyens sur les routes. Cette politique déterminée a permis d’obtenir des succès incontestables. Il y a 10 ans, il y avait plus de 8 000 morts sur les routes. En 2011, nous sommes passés, pour la deuxième année, sous le seuil des 4 000 tués. Au total, depuis 2002, ce sont ainsi 32 000 vies qui ont été épargnées et 500 000 blessés qui ont été évités. Mais cette politique, pour rester efficace, nécessite une vigilance permanente. C’est ainsi que sur les 4 premiers mois de l’année, le nombre de morts a augmenté de 12 % et que nous nous acheminions, si le Gouvernement n’avait pas réagi, vers 500 morts de plus qu’en 2010. La mobilisation des forces de l’ordre et les annonces du comité interministériel de sécurité routière en mai ont amené les automobilistes à se ressaisir. Cela a permis de maintenir, et même d’améliorer en 2011, les très bons résultats obtenus en 2010.

Le bilan provisoire de l’année 2011, avec 3 970 personnes décédées sur la route, consacre ainsi une dixième année consécutive de baisse de la mortalité routière. En 2011, ce sont 22 vies supplémentaires qui ont été épargnés par rapport 2010. Le recul est plus net pour les blessés hospitalisés avec une diminution de 6%, soit 1 847 hospitalisations en moins. Les personnes blessées sont également en baisse de plus de 4%, ce qui représente 3 516 blessés en moins. Il faut souligner que de nombreux pays européens ont cette même année connus des résultats très défavorables avec des augmentations parfois importantes des morts sur leurs routes : c’est par exemple le cas de l’Allemagne, de la Belgique, de la Suède et probablement du Royaume-Uni dont le début d’année a été difficile. Malgré ce bilan, qui, dans ce contexte, peut être considéré comme satisfaisant, le nombre de personnes tuées ou blessées sur les routes reste encore trop élevé.

Nous pouvons, nous devons encore aller plus loin. Afin de poursuivre l’effort et se rapprocher de l’objectif fixé par le Président de la République qui est de moins de 3 000 morts sur les routes, diverses mesures décidées par le comité interministériel de sécurité routière, publiées hier, sont entrées en vigueur aujourd’hui. Ces mesures, qui visent à améliorer le comportement des automobilistes, doivent notamment renforcer la vigilance au volant et combattre les comportements qui réduisent l’attention portée à la conduite. Vous trouverez, dans le dossier de presse qui vous sera remis à l’issue de la conférence de presse, les précisions utiles relatives à l’ensemble de ces mesures.

J’appelle dès maintenant votre attention sur celle relative à l’interdiction de détenir tout dispositif informant de la localisation de radars fixes ou mobiles. De nombreux constructeurs ont modifié leurs logiciels pour qu’il en soit ainsi. C’est le cas notamment des avertisseurs « communautaires » qui sont devenus des assistants à la conduite. Pour les autres, essentiellement les outils de géolocalisation qui avaient tous progressivement intégré cette information mais dont ce n’était pas l’objet essentiel, des délais de mise en conformité peuvent encore être nécessaires. C’est pourquoi les forces de l’ordre feront preuve, pendant cette période de mise en conformité, du discernement nécessaire dans l’application de cette mesure. Par ailleurs, en application du protocole que j’ai signé avec l’association française des fournisseurs et utilisateurs d’aide à la conduite (AFFTAC), il a été convenu que la possession d’un produit certifié par l’apposition d’un marquage « NF logiciel » constituera, vis-à-vis des forces de l’ordre, une présomption de conformité. Les mesures qui entrent aujourd’hui en vigueur viennent renforcer les mesures prises dans le cadre de la LOPPSI et qui ont, par exemple, permis aux préfets d’immobiliser près de 2 000 véhicules à la suite d’infractions graves au code de la route. Mais des progrès restent encore à accomplir.

Source : Sécurité Routière

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